VALÉRIE ET SÉGOLÈNE : « UNE HISTOIRE DE MEUFS »

Publié par Les Républicains 38 le

Le site Atlantico.fr  par un extrait du livre  « Entre deux feux« , de  Anna Cabana  grand reporter au Point qui a été   notamment l’auteur de « Cécilia » (2008),  de « Villepin, la verticale du fou » (2010) et de « Juppé, l’orgueil et la vengeance » (2011) et Anne Rosencher  rédactrice en chef à « Marianne » révèle les dessous de l’histoire qui a occupé notre Président normal et  en dit long sur celui qui est à la tête de l’État .

DEUX FEMMES CAPABLES DU PIRE

 » Dans cette « histoire de meufs », selon l’expression de Malek Boutih, député PS de l’Essonne, il n’y a pas une gentille et une méchante. Il y a deux femmes capables du pire. « Ce qui s’est passé entre eux trois crée chez Valérie une haine irrationnelle de Ségolène. Ségolène a été affreuse avec elle », assure un intime de la journaliste de Paris Match. […]

L’équilibre se rompt en 2002. François Hollande courtise Valérie Trierweiler et cela se voit  : quand elle arrive salle des Quatre Colonnes, haut lieu des rencontres informelles entre les députés et la presse à l’Assemblée nationale, il écourte ses échanges avec les autres journalistes pour se précipiter vers elle. Toutes les occasions sont bonnes pour lui proposer de l’accompagner en Corrèze, dans sa circonscription. Elle s’en est du reste plainte, plusieurs fois, auprès de journalistes amies  : « J’en ai marre, il est lourd, il veut encore que j’aille à Tulle… » Elle est, il s’en cache à peine, sa « journaliste
préférée ». Un jour qu’une de ses consœurs la taquinait sur cette « préférence », elle a rougi. Hollande sait la faire rire. La journaliste a beau garder ses distances, Ségolène Royal, qui a du flair, sent le danger. Elle convoque Valérie Trierweiler à l’Assemblée nationale, un lundi matin, à 9 heures. Elle la reçoit dans son bureau. « N’approche pas François ou tu vas le regretter ! » la menace-t-elle. Valérie Trierweiler nie. Fin de l’épisode. […]

« ELLE VOULAIT MA PEAU »

En 2004, ça repart  : Ségolène Royal se plaint auprès des chefs de Valérie Trierweiler à Paris Match. La dame du Poitou le fait avec d’autant plus d’insistance que, politiquement et médiatiquement, « 2004 est l’année de son surgissement », comme nous le confiait naguère Hollande. « Avant, elle n’était pas du tout dans le jeu. A partir de 2004, on ne voit plus qu’elle. » La « Zapatera » – c’est ainsi qu’elle est surnommée, à l’époque – a bien l’intention de se servir de sa popularité et de sa médiatisation
pour chasser sa rivale de ses terres. Alain Genestar, alors directeur de la rédaction de l’hebdomadaire, jure que Ségolène Royal ne l’a « jamais appelé », dit-il. « Elle a sans doute appelé d’autres personnes à Match. Elle avait de très bonnes relations avec la chef du service politique de l’époque. » Ce qui s’appelle se défausser. En effet, Ségolène Royal a appelé Laurence Masurel –  pour ne pas la nommer  –, dès 2002. Et pas qu’une fois. […]

Ségolène Royal ne désarma pas. Valérie Trierweiler raconte aujourd’hui encore avec émotion et fureur comment elle l’a écartée du service politique. « Elle voulait que je sois virée, elle voulait ma peau. » Ce n’est pas faux. Laurence Masurel, qu’elle harcèle, se charge d’avertir Alain Genestar.

VALÉRIE  » FOLLE DE RAGE  »

C’est le 15  mars 2005  que plus un salarié de l’hebdomadaire n’a pu continuer d’ignorer que Valérie Trierweiler vivait une « histoire » avec François Hollande. C’était jour de bouclage àParis Match, la journaliste se trouvait dans le grand open space du septième étage quand elle a appris qu’au même moment, François Hollande était dans le sous-sol de l’immeuble, dans le studio photo du magazine, en train de poser aux côtés de Nicolas Sarkozy – pour une couverture qu’ils regretteront tous deux par la suite. Valérie Trierweiler s’offusque : personne ne l’avait prévenue. Un journaliste présent relate qu’elle est partie « folle de rage », bien décidée à élever assez la voix pour que tout le monde ait vent de sa colère.

Peu après, Alain Genestar demande à voir Valérie Trierweiler. « Il y avait une forte tension humaine, raconte-t-il aujourd’hui. Au début, elle était très fermée, puis elle m’a paru désarmée. Il n’y a pas eu de cris, contrairement à ce que j’ai pu lire çà et là. Au contraire, elle était émue, très émue. » Il veut dire qu’elle a pleuré.

VALÉRIE PAYÉE DEUX ANS PAR « PARIS MATCH » À NE RIEN FAIRE

Elle ne s’en est toujours pas remise. Il n’est que de voir comment elle parlait de tout cela il y a seulement quelques mois : « En 2005, on m’a dit “à vous de voir”. Ça a été très brutal. On ne m’a pas laissé de temps. J’ai convenu que je ne pouvais plus suivre le PS. C’était devenu compliqué. On m’a donné Villepin, pendant six mois, puis l’Europe. Puis, tout à coup, plus rien. Pendant deux ans. »

Deux ans pendant lesquels Ségolène Royal, elle, connaissait son heure de gloire. La journaliste fut au supplice, redoutant, primo, que sa rivale parvienne à « récupérer » François Hollande – on le verra plus loin – et, secundo, qu’elle se fasse élire présidente de la République. « Si elle gagne, elle me laminera, rien ne l’arrêtera », s’alarmait Valérie Trierweiler devant ses confidentes.  Elle a vécu l’enfer. Au moins en pensées. Jamais elle ne pardonnera à Ségolène Royal de lui avoir fait si peur  » (  Royal à Trierweiler : « N’approche pas François ou tu vas le regretter ! » )

ROYAL GARDE DES SCEAUX ?

Aujourd’hui ( 3 septembre ) raconte  » lePoint.fr  » Ségolène Royal affirme qu’elle n’est « pas dans le renoncement » et qu’elle « reste disponible à toute éventualité », dans des confidences au quotidien Le Figaro de lundi, où elle revient sur son échec aux législatives et le tweet contre elle de la compagne de François Hollande.

Dans ces propos recueillis par le journal au Cap (Afrique du Sud), où elle participait au 24e congrès de l’Internationale socialiste, la présidente PS de la région Poitou-Charentes revient sur sa défaite aux législatives : « La Rochelle, c’est une injustice. Un crash. Un accident de parcours. Je ne mérite pas ça. »

« Subir une humiliation comme cela, sous plusieurs angles (la défaite politique et le tweet de soutien de Valérie Trierweiler à son adversaire, Olivier Falorni, dissident PS, NDLR), c’est violent. J’absorbe aussi la violence que cela représente pour les enfants. Pour eux, je dois être forte, continuer à être joyeuse. Mais ça reste un double choc », dit-elle.

Elle considère qu’elle « ne mérite pas d’être peopolisée comme ça ». « Je n’ai jamais exhibé ma vie privée.(1) (…) Ces récits sont misogynes : on met en scène une sorte de pugilat. » Pour elle, « tout cela n’est pas bon pour François ».

Quant à son avenir, elle n’envisage pas un seul instant d’arrêter la politique : « C’est impensable. » Elle affirme que « si (elle) avait voulu le parti, personne n’aurait pu le (lui) refuser ». Elle n’est « pas dans le renoncement », « reste disponible à toutes les éventualités ». Mais, ajoute Ségolène Royal, « la prochaine fois, je serai sûre d’atteindre l’objectif ». « Je ne veux plus d’aléas. »

Elle affirme aussi, selon Le Figaro, que François Hollande, au lendemain de la présidentielle, lui a proposé le poste de garde des Sceaux, mais qu’elle a préféré se « consacrer à (s)on objectif » (être élue députée pour briguer la présidence de l’Assemblée, NDLR)(…) On a parlé de tout cela avec François, il a le souci de rassembler les compétences. »

Si on comprend bien elle peut compter sur l’appui de Valérie.

(1) Ségolène Royal fait semblant d’oublier qu’elle a mis sur la place publique son accouchement de la petite Flora en 1992 avec photos et interview dans « Paris Match » signé… Valérie Trierweller

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