STREET ART à GRENOBLE: L’EXPRESSION ARTISTIQUE DÉTOURNEE de SON OBJET

Publié par user1 le

« On voit bien avec les événements politiques ac­tuels, que quand les murs re­prennent la parole, c’est peut­ être qu’il y a de plus en plus de choses à dire dans notre socié­té. » a expliqué Jérôme Catz que la municipalité Piolle a choisi pour organiser le festival du Street Art à Grenoble lequel se déroulera du 8 au 26 juin. Il est l’un des rares à voir sa subvention augmenter alors que sur les autres fronts la municipalité ferme salles de musiques et festivals en tous genres . Son Festival s’annonce d’un coût de 200 000 €.

UN FESTIVAL  » ENGAGÉ » DANS LA SUITE DE « NUIT DEBOUT… »

Le lien entre « Nuit Debout » , la contestation de la loi travail est évident et clairement assumé par les organisateurs: « un festival engagé, donc » conclut le « Dauphiné Libéré  » ( DL 30/5/16) .  » Social » aussi bien entendu pour la forme puisqu’on voit mal ou et quand les plus démunis de la société pourraient être promus par cette expression là alors qu’on ne leur fournit aucune clef.

Street Art, un lien incestueux entre le politique et l'artistique: J.Catz et C.bernard (Verts/Ades)

Street Art, un lien incestueux entre le politique et l’artistique: J.Catz et C.Bernard (Verts/Ades)

L’HISTOIRE GRENOBLOISE SE RÉPÉTE

L’histoire se répète aussi puisque la municipalité Piolle veut une fresque au 50 galerie de L’Arlequin comme il y en avait eu une de Ernest Pignon Ernest contre la société de consommation au moment ou les élus de gauche installaient Grand Place. Une fresque que les municipalités successives n’ont pas eu les moyens d’entretenir, tombée en décrépitude et que … l’argent privé va probablement sauver grâce à un appel aux dons. La gauche et les Verts n’inventent rien, se contentant de dupliquer leurs modèles à l’infini malgré leur échec patent.

LE BILAN des ÉLUS VERTS/ADES à VILLENEUVE NE MÉRITE PAS UNE FRESQUE

A Villeneuve pour Jérôme Catz  « c’est un projet « hyper emblé­matique » (!) du festival, qui souhaite « participer au désencla­vement des quartiers dits prioritaires, ou en tout cas là où les gens ont le plus besoin de trou­ver de l’art, de le rencontrer, d’être fiers de leur quartier ». Toujours la même antienne répétée à satiété comme si le choix des attributaires de logements depuis 20 ans qui a conduit à une paupérisation et à une ghettoïsation sans précédent n’avait pas plus d’importance sur la « fierté  » à habiter le quartier. Mais ce bilan-là qui mêle successivement Raymond Avrillier ( Logement) Pierre Kermen (Urbanisme) Maryvonne Boileau ( OPHLM) tous élus Verts/Ades à ces postes sous la municipalité Destot (PS) est moins  » hyper emblématique » . Il ne mérite pas une fresque.

EN INSTRUMENTALISANT, LA MUNICIPALITÉ NIE LA CRÉATION, PROMEUT UN ART RÉPÉTITIF

En instrumentalisant l’expression artistique la municipalité nie la création. En la réduisant à un combat politique , à la défense  des vieilles thèses éculées qui ont toutes conduit à des régressions et des drames , elle limite le champ de l’innovation et promeut un art répétitif , de vulgaire propagande.

UNE CONFUSION DES SENTIMENTS QUI FAIT MAL A LA VILLE

En laissant accroire que les slogans arriérés, infantiles et parfois violents de « Nuit Debout » ou contre la loi Travail sont de même essence que le Street Art elle mélange tout, ne hiérarchise rien et contribue à cette confusion des sentiments qui fait tant de mal à la ville  et surtout à sa jeunesse. Sans repère, sans frontière, celle ci peut croire que le slogan  » un flic= une balle » ou  » Nik la Bac » en caractères bâtons est le premier degré d’une oeuvre à la Michel Ange.

DEJA C.BERNARD (VERTS/ADES) A PRIS EN MAINS LA PROGRAMMATION DES THÉÂTRES

Déjà avec la reprise en mains de la programmation des Théâtres qui a écarté le tricycle et au Théâtre Municipal interdit le théâtre privé Parisien Corinne Bernard l’Adjointe (Verts/Ades) aux cultures a exécuté comme une bureaucrate stalinienne cette capture procédurière de la vie culturelle par une idéologie.

LA CONTESTATION SUBVENTIONNÉE NE CONTESTE PAS PIOLLE

Car cette  » contestation » subventionnée que nous annonce Jérôme Catz ne concernera évidemment aucunement la fermeture du Ciel , la salle des musiques d’aujourd’hui qui permet à tant et tant de groupes de travailler et s’exprimer en toute liberté. Une création de la municipalité de droite d’Alain Carignon fermée par la gauche.

On ne verra pas de slogans vengeurs sur la culture Grenobloise à la renverse, MC2 ,la Chaufferie, la fin de Rocktambule, les coupes sombres des Musiciens du Louvre ou dans l’éducation populaire qui mettent en cause nombre d’activités des MJC.  La présence d’un Maire à la tête d’une coalition d’extrême gauche actionnaire à Singapour n’inspirera aucun « contestataire ». L’art réaliste ne concerne que les idées de droite. Ne met en cause que le travail, l’effort, la responsabilité.

LE STREET ART DANS LA CONTINUITÉ des TUILES pour PRÉPARER  » LES RÉVOLUTIONS » (!)

En plaçant le festival du Street Art dans la continuité de la journée des Tuiles qui fête  » les » Révolutions (suivez mon regard appuyé) la municipalité démontre sa grossièreté. Malheureusement les enfants des écoles sont aussi -à des degrés divers- embrigadés dans ces opérations et deviennent malgré eux les porteurs d’une idéologie qui n’est jamais discutée contradictoirement. L’esprit est bien de celui des démocraties populaires, celui d’un totalitarisme qui aurait intégré le marketing.

STREET ART: GRENOBLE A LES ATOUTS POUR  SE PLACER DANS LES VILLES QUI COMPTENT

Cette action est d’autant plus regrettable que Grenoble mériterait de se placer à l’échelle internationale parmi les villes qui comptent en matière de Street Art. Elle en a les atouts. Pour ce faire il faudrait couper le lien incestueux entre la municipalité et l’organisation. Au plan de l’espace comme de l’expression les champs devraient être délimités afin de ne plus se confondre: il n’est pas possible de continuer à laisser accroire que la dégradation générale de la ville est due au Street Art afin de justifier celle-la par celui-ci.  Ce tour de passe passe cynique est tout simplement scandaleux pour la valorisation de cet art.

UNE RUPTURE DU LIEN INCESTUEUX de L’ARTISTIQUE et du POLITIQUE

La direction artistique elle-même devrait être indépendante, collective et la part commerciale et mercantile clairement identifiée en séparant la direction de cette dernière afin que l’un n’influe pas sur les choix de l’autre. Bref du bon sens. Ce n’est pas ce que la municipalité Piolle partage le mieux.

LA PART DISPONIBLE DU CERVEAU DES GRENOBLOIS TRÉS SOLLICITÉE

Obsessionnelle, elle veut par tous les moyens faire pénétrer ses dogmes d’un autre temps et utilise la part disponible du cerveau des grenoblois partout et tout le temps: multiplication des panneaux d’affichage sauvage, slogans et tags politiques sur tous les murs, les poteaux, le moindre potelets, affichage municipal jusque dans les parcs publics ou les grenoblois pouvaient auparavant se reposer de la com’  , conférences,  » débats » incessants autour des thèmes récurrents qui répètent les mêmes schémas que personne au monde n’emprunte: malheureusement le festival du Street Art n’est qu’une pièce de ce puzzle, placé au même niveau et avec la même fonction.

UNE GÊNE RESSENTIE AVEC L’UTILISATION DES ENFANTS

Evidemment , comme le « Dauphiné Libéré » l’a montré sur une pleine page, les enfants qui lançaient des ballons sur l’espace André Farcy  aux côtés de Jérôme Catz et Corinne Bernard pour la présentation de la deuxième édition du Festival ne peuvent être qu’attendrissants au premier degré. En même temps personne ne peut évacuer complètement la gêne ressentie face à ces images de gamins pour la plupart en bas âge , dont le rôle est seulement de donner une image sympathique de l’opération,  alors qu’ils ne peuvent ni mesurer ce à quoi ils sont associés, ni pourquoi ils sont ainsi utilisés.

LA MUNICIPALITÉ A FRANCHI UN TEL CAP DANS LE FAUX

C’est ce mélange de cynisme et d’obstination dans les méthodes qui fait grandir ce malaise à l’égard de la municipalité Piolle. Il était aussi fortement ressenti lors des Assemblées des Habitants du Centre Ville et du Village Olympique. Comme si elle avait franchi un tel cap dans le faux qu’elle se retrouve seule, démunie,réduite aux acquêts  avec le seul clan qui l’a portée au pouvoir.