La RENTRÉE d’Éric PIOLLE par S.Tomasella

Publié par user1 le

Eric Piolle commence sa rentrée comme l’écolier qui doit se réhabituer aux horaires de cours. Le timbre est matinal, bien matinal, pour ainsi dire enroué et même éraillé. Il est encore tôt, la question du journaliste de France Bleu Isère tombe. Grenoble ville gangrenée par le trafic de drogue, il n’y échappera pas. Eric Piolle qui avait pourtant envoyé Elisa Martin cet été répondre à la presse, pensant écraser du pied un feu de paille. La donne avait changé : nouvelles classes, autre programme.

 » RIEN SOUS LE SOLEIL, EXACTEMENT » 

Comme une vieille leçon apprise il y a longtemps, le Maire Verts balbutie quelques mots pour s’attirer les bonnes grâces, non pas du professeur, mais de l’électeur. Trente ans que Grenoble est sous l’emprise de la drogue dit-il, confions le débat aux députés, abordons l’éternelle dépénalisation du cannabis. Bref, rien sous le soleil exactement. Pas à côté, pas n’importe où, mais pas à Grenoble.

« DEPUIS 30 ANS TOUT JUSTE »

Eric Piolle est on le sait ingénieur de formation. Il n’est pas historien mais il en est sûr, nous connaissons le fléau de la criminalité depuis trente ans, trente ans tout juste. Pas plus, pour ne pas impliquer Hubert Dubedout, celui à qui on le comparait en 2014. Pas moins, pour ne pas éclabousser inutilement Michel Destot, évincé de facto par sa violente défaite au premier tour des législatives. Eric Piolle tape en plein dedans, j’ai nommé la Droite, celle d’Alain Carignon. Celle qui oserait sans complexe aborder la question de l’insécurité, celle qui ne l’a jamais désignée comme un sentiment, mais bien un fait.

 » IL NE DÉSIGNE PAS LES FOYERS de CRIMINALITÉ » 

Eric Piolle se veut stratège, il s’est révélé encore meilleur libéral. Il ne parle pas de dépossession de l’espace public, il parle de privatisation. Il ne désigne pas les foyers de criminalité, il prend pour exemple les politiques de dépénalisation américaines -en omettant de dire que le trafic y est toujours en plein essor-. Eric Piolle, le Maire Vert, reconverti insoumis pour les présidentielles, nous fait du Macron en prônant le culte de l’individualisme, de l’acquisition sans cesse croissante de droits et de libertés… De consommer bien sûr. De gauche avez-vous dit ?

 » QUI SOUTIENT MÉLENCHON MAIS DIT OUI à MAASTRICHT »

Eric Piolle fait sociologiquement partie de ce bloc bourgeois qui a majoritairement voté En Marche aux dernières élections. Pourquoi s’obstine-t-il à vivre dans une famille qui n’est pas la sienne ? Il est de ceux dont les yeux pétillent en parlant de 1981 et de la fédération de la gauche, mais qui ont trouvé opportun le revirement libéral de 1983. Qui soutiennent le tribun Mélenchon de la France Insoumise, mais qui regrettent secrètement celui qui avait dit Oui à Maastricht. Eric Piolle n’échappe pas à cette contradiction profonde de nantis, lui qui veut instaurer la culture du jardin partagé et du tout vélo, mais qui ferme des bibliothèques dans les quartiers populaires et possède des actions à Singapour. 

 » C’EST MACRON EN SAROUEL » 

Il l’a bien compris, cette vue d’esprit est incompatible avec l’électorat qui lui a fait confiance. Peu importe les déçus et la prise de conscience, les bourgeois suivront. Eric Piolle continuera ce qu’il sait faire de mieux, pratiquer l’absence de politique viable, préférant taper à l’aveugle de manière épisodique, tout en profitant des vagues nationales. Un air de déjà vu. Eric Piolle, plus qu’un Mitterrand grenoblois, c’est Macron en sarouel.

Sébastien Tomasella

Photo :Sébastien Tomasella répondant aux questions de France 3