J.POMMERAT, metteur en scène:  » LA CULTURE à GRENOBLE FAIT HONTE aux VERTS »

Publié par user1 le

Le  dramaturge et metteur en scène Joël Pommerat qui vient de jouer  » ça ira » à MC2 exécute à son tour la politique culturelle d’Eric Piolle (Verts/PG) dans « Libération » (2/6/16).

« Le maire, Eric Piolle, et son adjointe à la culture, Corinne Bernard, tous deux en place depuis deux ans, m’ont fait désespérer un peu plus encore de la situation politique de notre pays par leurs actions, et leurs propos  » explique le metteur en scène dans une tribune du quotidien,  principal soutien de l’extrême gauche et des Verts.Un nouveau coup dur pour la municipalité phare.

LA POLITIQUE DE PIOLLE « SE RAPPROCHE de TOUTES LES POLITIQUES EN VIGUEUR »

Bien entendu Joël Pommerat appartient à cette bienpensance culturelle d’une mauvaise foi insigne sur ce point  qui répète l’antienne selon laquelle la gauche et les Verts sont à priori par nature et par destination des  » personnes que je pensais les plus attachées à défendre sans réserve une politique ambitieuse : les hommes et les femmes du parti écologiste les Verts (alliés à ceux du Parti de gauche). »

Et bien entendu également à la fin de son texte il fait la révérence devant les poncifs éculés et faux  puisque selon lui la politique de la municipalité Rouge/verts  » a cette particularité de se rapprocher tristement de toutes les politiques en vigueur dans notre pays, celles déjà en action, et celles qui aspirent à prendre le pouvoir. ». Suivez mon regard vers la droite du futur.  Triste révérence . Mais évidemment difficile à supporter pour Piolle assimilé au pire.

HOLLANDE A TRAHI AUSSI SA PROMESSE DE SANCTUARISER le BUDGET CULTURE

Pourtant avec le « pouvoir Sarkozy » le budget de la culture a été préservé tandis que sous le pouvoir Hollande, malgré l’engagement solennel de le sanctuariser, il a été baissé . Et localement c’est sous les municipalités Carignon que les avancées , les équipements ont été les plus forts et développés, tandis que c’est un département et une municipalité PS qui ont baissé le budget de la culture pour le premier et perdu les financements des grands équipements pour la seconde.

AVEC JP BARBIER ( LR) LE DÉPARTEMENT CONFORTE LE BUDGET CULTURE

Enfin c’est avec la nouvelle majorité de Jean-Pierre Barbier (LR) avec son Vice Président (LR) à la Culture Patrick Curtaud, que le Conseil Départemental de l’Isère a décidé de conforter son budget de la Culture. Le faux a donc la vie dure chez nos acteurs de la vie culturelle. Il est vrai que localement aussi Michel Orier (MC2) avait lancé un appel aujourd’hui pathétique en faveur d’Hollande contre Sarkozy fossoyeur de la culture.Le même avait rejoint le cabinet de Aurelie Filippeti (PS) au Ministère pour mettre en oeuvre la baisse des crédits.  On nage dans une honnêteté intellectuelle qui fait douter.

C’est pourquoi Joël Pommerat peut écrire:  » Ma déprime et ma sidération sont à la hauteur de mes espoirs déçus… Mon cri du cœur aujourd’hui c’est : «Oh non! Pas eux aussi ! » . Nous , nous ne sommes pas déçus.

LA MUNICIPALITÉ PIOLLE LIQUIDE MÊME  » le CIEL » …

Il  rappelle quelques forfaits de la municipalité Piolle qui lui font particulièrement mal:

– « En 2014, l’orchestre de Grenoble (les Musiciens du Louvre) se voit supprimer d’un coup la totalité de sa subvention municipale.

– « Début 2015, la mairie décide de reprendre autoritairement en main la gestion de deux théâtres de création, – le Théâtre 145 et le Théâtre de Poche – financés par des subventions de la ville mais tenus par un collectif de bénévoles depuis cinq années, et les intègre dans le giron de son théâtre municipal (nouvelle politique de ce théâtre municipal : les compagnies sont invitées à jouer «à la recette» – dans la rue, on dit «au chapeau»).

– « Fin 2015, la mairie annonce qu’elle baisse les subventions municipales accordées à la MC2.

– « Dernièrement, en 2016, c’est la liquidation pure et simple par la mairie d’un établissement emblématique de Grenoble, le Ciel, consacré aux musiques actuelles. »

… CRÉÉ PAR LA MUNICIPALITÉ DE DROITE

Ce dernier créé par la municipalité de droite d’Alain Carignon, donc très en avance à ce moment là sur cette forme d’expression artistique.  Ce qui démontre l’ouverture et la capacité d’innovation de la droite en matière culturelle. On voit mal un acteur de la culture le reconnaitre. Il a fallu dans le spectacle vivant que Diden Berramdane achève sa mission au Théâtre de St Marie d’En bas pour qu’il en fasse publiquement état : « Le seul maire de Grenoble qui se soit vérita­blement intéressé à Sainte­ Marie­ d’en­ Bas, qui l’ait do­té des moyens nécessaires et qui ait suivi mes spectacles, c’est Alain Carignon ! » .

POUR E.PIOLLE LA CULTURE N’EST PAS UN BESOIN FONDAMENTAL

Tandis que la politique d’Eric Piolle n’est que mépris à l’égard des artistes qu’elle considère comme des privilégiés. On sait que l’extrême gauche veut ramener la population à des besoins  au minimum vital ou la culture de qualité ne figure pas.

 » il dit aussi toujours dans le même temps, imprégné d’idéologie radicale : «Je prône un modèle de sobriété et de frugalité, notre objectif, c’est d’avoir des activités économiques correspondant à nos besoins fondamentaux (mobilité, sécurité, éducation, alimentation).» (Mince, dans cette vision étonnamment matéraliste de l’homme et de ses besoins, il a oublié la culture !) « écrit Joël Pommerat dans  » Libération ».

UNE MUNICIPALITÉ DANS L’HÉRITAGE TOTALITAIRE ORPHELINE des « RÉVOLUTIONS »

En réalité parce que les acteurs  de le vie culturelle  -pour être dans la même mouvance idéologique qu’eux  – ne sont tout de même pas maîtrisables .  Joël Pommerat le prouve. Ce que n’ont pas vu les grenoblois en les élisant et ce que découvre Joël Pommerat c’est le lien de la municipalité avec un héritage totalitaire , orphelin des « révolutions » . Accomplies par une avant garde éclairée et dont il faut accepter les dégâts colatéraux pour un monde meilleur.

LE « SAUVETAGE de la PLANÉTE  » NOUVEL HORIZON TOTALITAIRE…

La plupart des membres de cette mouvance ont abandonné ces idées après le « Kampuchéa démocratique » (!)  , qui faisait suite à la Révolution Culturelle de Mao, qui remplaçait le marxisme soviétique. Une minorité s’est abîmée avec les Brigades Rouges mais Grenoble est archaïquement dans le continuum avec nos Rouges/Verts . Le « sauvetage de la planète » a pris le relais.

… MAIS E.PIOLLE DEMEURE ACTIONNAIRE à SINGAPOUR

Il est une explication globale qui intègre la fin du capitalisme , peut être des patrons, bref  l’infantilisme de « Nuit Debout » comme doctrine. Le fil rouge étant le refus de faire confiance à l’individu, à sa responsabilité à sa capacité créatrice et comme s’il n’allait rien se passer d’autres que ce que notre époque a déjà inventé ! Une insoutenable prétention que résume bien le personnage Piolle, par ailleurs actionnaire à Singapour. Ce qui prouve qu’il n’a pas brûlé tous ses vaisseaux pour la cause.

E.PIOLLE DÉSAPPROUVE LE LOGICIEL MALRAUX/LANG …

Mais Joël Pommerat résume  cette détestation des artistes qui caractérise la municipalité Piolle  ( n’oublions pas non plus la banale concurrence de nombril) :  » leurs actions jugées trop élitistes, c’est-à-dire «trop entre soi», ou trop «théâtreuses», pas assez populaires. Le maire a, en effet, un petit souci avec «le logiciel de pensée Malraux-Lang» (comme il dit) des gens de la culture en général et du monde des arts vivants en particulier, synonyme de politique dispendieuse et élitiste. Il ne cesse de répéter qu’on en a fini avec cette ère idéologique d’opulence voire de nantis comme si les artistes n’en avaient pas eux-mêmes conscience. »

… LE SIEN  INTÉGRANT LE « TUTU » DANS LA CULTURE

Eric Piolle a un logiciel supérieur à la pensée Malraux-Lang . On ne la connait pas la sienne, de pensée. Enfin,si, il l’a définie selon Pommerat:   » La culture, c’est des rencontres, une source de joie, un pinceau, un instrument de musique, un tutu, c’est un besoin humain d’expression. ». Il faut reconnaitre là une supériorité devant laquelle s’incliner .

J.POMMERAT ÉREINTE C.BERNARD ( Verts/Ades)

Ensuite – c’est facile – Joël Pommerat éreinte Corinne Bernard l’Adjointe (Verts/Ades) aux cultures, l’erreur de casting qui dans toute municipalité « normale » aurait été déjà remplacée.  Mais elle appartient au clan Avrillier/Comparat qui détient le pouvoir . Chez ces gens là les faits ont tort. S’ils résistent c’est qu’ils sont agités par des factieux. Puisqu’ils sont eux mêmes le Bien, le Bon et l’avenir dévident de la cité radieuse.

C.BERNARD N’AVAIT JAMAIS ENTENDU PARLER DE PINA BAUSCH

Il écrit:  « La même adjointe aux cultures, qui, lors de l’inauguration d’une exposition photographique consacrée à Pina Bausch, avouait avec candeur et fierté qu’elle n’avait jamais entendu parler de cette chorégraphe avant, explique plus tard devant un parterre de compagnies de spectacle vivant grenobloises que «quand on parle de Grenoble à l’extérieur, on n’entend jamais dire que c’est une capitale culturelle». Et de rajouter : «C’est ça notre chantier, votre chantier, […] qu’on puisse arrêter de dire que la culture, c’est cher mais [dire] que c’est du développement économique […] et que peut-être les gens pourraient venir en tourisme à Grenoble pour la culture.»  »

 » UN BAZAR, UN AGGLOMÉRAT de PIÉCES HÉTÉROCLITES »

Et de conclure en résumant bien les facettes de cette politique  culturelle:  » C’est un cocktail, un bazar, un agglomérat de pièces hétéroclites, foutras idéologiques, allant d’un côté, du plus libéral économique (n’attendez pas tout des financements publics, soyez aussi créateurs en terme de financements, le mécénat privé voilà l’alternative) au plus populiste (la culture pour tous, pas une culture mais des cultures, la culture, ça s’affiche, les artistes professionnels sont des nantis, tout le monde est artiste, opposant dans les faits les artistes professionnels aux amateurs), en passant par l’aspiration révolutionnaire à la décroissance (la sobriété et la frugalité doivent être également appliquées à la culture, qui est une activité humaine comme les autres).

 » UN TOUT QUI FAIT HONTE à CE PARTI « 

« Un tout finalement compliqué, contradictoire et paradoxal, mâtiné de suffisance et d’arrogance, de naïveté, à la Bouvard et Pécuchet, qui fait honte à ce parti dont je me sentais un proche et un sympathisant. » . Sauf que ce Bazar n’en est pas tout à fait un. Ce jeu de miroir a aussi pour objet de camoufler les copinages, les réglements de comptes et surtout cette volonté dogmatique de la première municipalité minoritaire de l’histoire moderne de Grenoble , d’imposer un modèle de société pensé exclusivement par elle et ses affidés.

 » Nik ta mère  » et « un flic=une balle  » intégrés au Street Art fait coup triple: pas de hiérarchie dans le beau, imprégner la ville de la « culture » de la révolte et nier les créateurs. L’esprit du Kampuchéa Démocratique , moins la terreur. Car ils ne peuvent pas aller jusque là.

LES VALEURS de CRÉATION et de LIBERTÉ SONT PORTÉES PAR LA DROITE

En cela elle se situe bien dans cette lignée d’inspiration totalitaire qui est la véritable matrice des élus et non élus Rouge/Verts qui dirigent la ville. Après tant d’autres et avant tant d’autres, la réaction de Joël Pommerat démontre que la réalité n’est pas domesticable et que les  aspirations à la création et à la  liberté sont les plus fortes.

Si l’épisode Hollande, la politique socialiste en Isère et à Grenoble, celle des élus Verts/PG aujourd’hui pouvaient conduire quelques acteurs de la vie culturelle a abandonner leurs vieux habits et reconnaitre qui porte vraiment ces valeurs,  un léger progrès serait accompli dans le débat public.