INSECURITE: L’ECHEC de l’OPERATION ZSP à GRENOBLE

Publié par user1 le

« Usine à gaz ou dispositif adapté aux réalités du terrain ? Mesure bidon ou réelle volonté politique d’améliorer la vie quotidien­ne dans les quartiers ? Outil d’enfumage politique ou riposte efficace de l’autorité publique contre les trafics dans les cités ? » questionne Denis Masliah dans le  » Dauphiné Libéré  » du 15 septembre à propos des ZSP (Zone de sécurité prioritai­re).

LANCEES QUELQUES MOIS AVANT les MUNICIPALES…

On n’est déjà plus dans la rhétorique initiale répétée à satiété par le Ministre de l’Intérieur d’alors, un certain Manuel Valls secondé localement par M.Destot et J.Safar (PS).

Selon laquelle on prenait à bras le corps l’étendue du problème d’insécurité. Ces ZSP avaient été opportunément lancées quelques mois avant les municipales. Grenoble oubliée de la distribution Nationale à l’été 2012 puis rattrapée à l’automne : car au départ les élus PS Grenoblois se situaient encore dans la ligne Jospin des années 90.

… EN CHANGEANT de DISCOURS SOUS LA PRESSION de l’OPINION

Le sentiment d’insécurité était plus fort que l’insécurité elle même. Grenoble, citée radieuse, pourtant ruinée par 20 ans de gestion socialiste, à la paupérisation accélérée, ne pouvait pas se confondre avec les villes gangrenées par la violence. Sous la pression de l’opinion et l’approche des élections ils ont tout à coup changé de discours.

J.SAFAR (PS) « DECOUVRAIT » L’IMPORTANCE de l’ECONOMIE SOUTERRAINE

Ainsi à quelques mois des municipales les grenoblois devaient être convaincus que la problématique de leur sécurité était enfin prise en compte par le pouvoir local et national. Avec une belle synergie de communication, Jérôme Safar découvrait l’importance de l’économie souterraine, les vertus de l’armement de la police municipale et du développement de la vidéo protection lesquels seraient mis en place … après les élections de mars 2014. ça tombait bien il était le candidat du PS.

LES GRENOBLOIS N’ONT PAS CRU à sa CONVERSION TARDIVE

Patatrac pour lui. Les Grenoblois n’ont pas cru à sa conversion tardive et ont surtout retenu qu’il était l’adjoint sortant à l’insécurité et aux impôts.

Demeurait le volet national des ZSP. Il a autant fait pschitt. La réponse à la question posée par Denis Masliah ne fait pas de doute. On peut enrober de considérations multiples et le Directeur de la Sécurité Publique Patrick Mairesse peut énoncer des métaphores sportives telle que  » La ZSP, c’est un marathon qui doit trouver un second souffle », le bilan est désastreux .

2015:  + 33% des VOLS AVEC VIOLENCE dans la ZONE POLICE….

Il se juge aux résultats. Même s’ils ne figurent pas en titre du bilan que le DL dresse de ces deux années de ZSP, les chiffres sont accablants dans leur sécheresse : « pour 2015, en zone police, on enregistre une hausse de 15% des cam­briolages, de 33 % des vols avec violences et de 22 % des violences non crapu­leuses  » révèle Jean-Yves Coquillat Procureur de la République de Grenoble dans le même journal.

… APRES + 41 % en 2014

Ajoutant : « en 2014, les chif­fres étaient déjà en hausse par rapport à 2013 « . Rappelons – pour mémoire!- ceux que le Procureur de la République avait énoncé début janvier 2015 sur l’année précédente : » En zone police, les at­teintes aux personnes ont augmenté de + 13 %, les at­teintes aux biens de + 15 %, les infractions de voie pu­blique de + 19,7 % et les vols par effraction de + 30 %. Les vols avec violences explo­sent ». Ils sont passé de 675 à 955, soit une augmentation de + 41 % entre 2013 et 2014, après une augmentation de + 25 % entre 2012 et 2013 !

IL N’Y A PAS EU UN POLICIER SUPPLEMENTAIRE

Il faudrait beaucoup de mauvaise foi pour dire que sans ZSP ç’eut été pire.

Une véritable hécatombe pour les victimes. Pour Yannick Biancheri du syndicat Unité Police « pour que cette Zone de sécurité prioritaire fonctionne correctement, il aurait fallu plus d’effectifs de police, ce qui n’a pas été le cas ». Il n’y a pas eu un policier supplémentaire à Grenoble malgré le rayonnement national bien connu de M.Destot et la proximité annoncée de Manuel Valls par J. Safar.

A MISTRAL :  » C’EST de la POUDRE aux YEUX »

« Sur le terrain on ne s’y trompe pas. A Mistral comme à Echirolles la déception est immense. Karim Ka­dri, président du Cohamis (Collectif des habitants de Mistral) résume l’opinion des habitants «pour moi, cela n’a rien changé, c’est de la poudre aux yeux ! »(DL du 15/9/15). « Les voitures brûlent toujours, les dégrada­tions se poursuivent, les inti­midations aussi » explique le « Dauphiné Libéré » pour Echirolles.

E.MARTIN (Verts/PG) CULTIVE la CULTURE de l’EXCUSE et de la SOCIETE RESPONSABLE

Face à cet échec de l’opération com’, Elisa Martin Première Adjointe (PG) d’Eric Piolle demeure figée sur les vielles lunes de la gauche « l’enjeu est celui des modèles et des va­leurs de la République qui se fracassent contre l’argent faci­le, l’argent roi. Tout cela sur fond d’explosion des inégali­tés sociales et du chômage ». Toujours la société responsable et l’individu victime. Toujours l’excuse et la justification afin de se croiser les bras.

A MISTRAL des HABITANTS PROUVENT le CONTRAIRE

A Mistral pourtant, Karim Kadri lui apporte un cinglant démenti: « Mes enfants sont nés là, ils connaissent tout le monde dans le quartier mais ils ne sont pas connus des services de police. J’ai toujours été derrière eux pour qu’ils ne tombent pas dans la délin­quance et je n’avais pas davantage de moyens que les autres».

Les ELUS PS et VERTS REFUSENT la REPRESSION

La délinquance n’est ni inéluctable ni obligatoire. La famille et la collectivité publique par l’action d’éducation et de répression ont un rôle à jouer. On comprend bien que ce dernier est un volet qu’Elisa Martin et les élus PS récusent. Pour les raisons que l’on sait, lesquelles n’ont rien à voir avec la philosophie mais plutôt avec le sonnant et trébuchant électoral.

H.BOUZEGHOUD (PS): UNE POLICE TROP AGRESSIVE….

Hassen Bouze­ghoub, directeur du Plateau à Mistral et candidat sur la liste Safar (PS) est bien dans cette ligne en estimant que  » les méthodes d’intervention ( de la police) sont perçues comme étant agressives ». Il ne juge pas les » méthodes d’intervention » des dealers, les violences , les règlements de comptes dont le quartier est le cadre comme étant  » agressifs » . Etonnant?

DES JEUNES à SCOOTER GUETTENT pour les TRAFIQUANTS

Il ignore ce qu’explique Patrick Mairesse le DDSP:  » nous som­mes confrontés dans ce quar­tier à une autre problémati­que visible: la présence de jeunes à scooter qui guettent pour les trafiquants en faisant du rodéo et qui provoquent constamment les forces de l’ordre et les secours ».

AILLEURS la POPULATION COLLABORE MIEUX avec la POLICE…

Un directeur de la Police qui note aussi qu’ hors Mistral,  » les trafiquants « sont “tombés” sur des populations qui n’ac­ceptaient pas cette situation et collaboraient mieux avec la police, ce qui a aidé la brigade des stupéfiants a leur faire échec en démantelant plu­sieurs réseaux ».

… TANDIS QU’A MISTRAL ON LUI DEMANDE des COMPTES

Les élus et candidats de gauche et d’extrême gauche ne semblent pas vouloir mettre fin à la situation que connait Mistral. Hassen Bouzeghoub demande des comptes à la police au nom des « habitants » :  » il n’y a pas de retour auprès des habi­tants qui ont envie de savoir si cela produit les effets es­comptés ».

AFIN de SE LAVER les MAINS et REGARDER AILLEURS

Ainsi la charge de la preuve bascule des délinquants qui mettent un quartier et une population en coupe réglée aux forces de l’ordre qui ne font ou pas assez ou font trop. Hassen Bouzeghoud qui est au coeur du territoire et y exerce des responsabilités sur fonds publics, Elisa Martin et la municipalité Piolle se lavent les mains et regardent ailleurs.

ON POURSUIT la BETONISATION….

Ils continuent. Ne retiennent aucune leçon de l’échec des quartiers depuis Villeneuve qui a pourtant 40 ans d’âge. Non seulement le sparadrap des Zones de Sécurité Prioritaire opportunément collé en période électorale s’est décollé mais ils poursuivent en parallèle avec les sempiternelles formules sur « l’homme nouveau » . Elles reviennent pour le quartier du polygone. Modernisées avec les ingrédients d’aujourd’hui sur le développement durable et les nouveaux modes de déplacement. Ici encore les données brutes sont accablantes: on construit pour 15 000 nouveaux habitants dans un quartier si dense que les jardins seront sur les toits.

… MALGRE le LIEN URBANISME et DELINQUANCE

Pourtant même Jean-Luc Maggliozzi ancien officier de Police chargé de mission pour l’ensemble de la ZSP de Grenoble répondait à Place Gre’Net qui l’interrogeait sur « le lien entre délinquance et urbanisme »:  » je pense que oui.Pour moi il y a un lien entre urbanisme et délinquance ».

DES QUARTIERS NE SONT PLUS MAITRISES

Bien entendu il s’agit d’un facteur. Mais l’agglomération Grenobloise les cumule tous. Poursuivre une bétonisation intensive de Grenoble en portant à 50 % le taux de HLM par opération dans une ville ou la municipalité ne maitrise plus les quartiers est-ce toujours pertinent après l’échec patent de l’opération ZSP?

Malheureusement dans ce domaine plus encore que dans les autres le dogmatisme prévaut. Il devrait prolonger l’agonie de l’agglomération grenobloise qui souffre d’une insécurité endémique ayant pénétré tous les quartiers, tous les secteurs et menaçant toute la population.

Photo le DL: la police à Mistral

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