Insécurité à Grenoble: « Pourquoi, après 30 ans, je quitte le village Olympique le 1er Juillet »

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17 avr 2013 08:04 Commentaires fermés admin

Ce texte date du 26 mars 2013 et n’émane pas d’une personne proche de nous . Mais il nous est parvenu et sa publication nous semble un impératif.

Car émanant d’une habitante socialement engagée, il décrit une dérive terrible du Village Olympique à Grenoble et des situations dramatiques pour ses habitants .

Là encore la responsabilité de la municipalité Destot est écrasante, ses négligences coupables. Comment un Maire a pu être aussi éloigné de la vie de ses concitoyens pour laisser perdurer de tels dysfonctionnements dans ses services ?

Comment a t il pu se préoccuper si longtemps seulement de sa carrière et courir après sa promotion Ministérielle en délaissant des quartiers entiers, livrés à eux mêmes et à une dérive criminelle ?

Ce n’est pas Grenoble (faux)Factory et ses images lissées. Ce n’est pas le Forum « Libé ». Ce n’est pas une fausse querelle PS/Verts/Ades pour savoir si c’est bon ou mauvais de démolir 67 logements à l’Arlequin !(JC PEYRIN ( UMP ) : « J’ACCUSE LA COALITION PS/VERTS DE GRENOBLE … »)

Il faut lire ce texte fort et vrai qui décrit la vraie vie d’un vrai quartier de Grenoble :

« Si notre connaissance est riche en ce qui concerne les pauvretés, les précarités et les processus d’exclusion pour les personnes qui se comportent et se battent dans le cadre des normes sociales et institutionnelles, dans le respect des lois, en toute légitimité et légalité, il n’en est pas de même en ce qui concerne les personnes en situation de pauvreté et de précarité qui s’inscrivent dans des comportements déviants, dans les infractions aux règles collectives, dans l’illégalité.

LES DÉCROCHEURS DE 12-16 ANS

«Cette forme d’exclusion, le « hors norme »  est grandissante. Elle est liée à la dégradation de la situation économique. Elle résulte d’une perte de confiance dans la société, d’une perte d’espoir dans l’avenir. Elle représente une autre issue de survie. Elle touche surtout les jeunes, ceux qu’on nomme « les décrocheurs » de 12 -16 ans et  ceux qui sont au démarrage de leur âge adulte de 18 à 25 ans, voir plus…
« Les politiques sociales à leur égard semblent devenir aujourd’hui « peau de chagrin », et on préfère parler de la montée de la violence en privilégiant la répression au détriment de la prévention, sans analyser véritablement le phénomène, sans s’attaquer aux causes réelles pour éradiquer cette déviance.

MON EXPÉRIENCE DE DÉGRADATION D’UN QUARTIER POPULAIRE DANS LEQUEL JE VIS DEPUIS 30 ANS

« Je voudrais partager ici mon expérience de dégradation d’un quartier populaire dans lequel je vis depuis plus de 30 ans et en retirer quelques hypothèses et pistes de changements.
« Le quartier se situe dans les quartiers Sud de Grenoble et se nomme le Village Olympique, créé lors des jeux olympiques de 1968, transformé depuis en logements sociaux. Sa conception était de type communautaire, avec une grande articulation entre l’école, les collèges, les équipements de quartier et les habitants.

DEPUIS ENVIRON 10 ANS LA POPULATION A CHANGÉ DE CATÉGORIES SOCIALES

« Depuis environ 10 ans, la population a changé de catégories sociales, en fonction de l’attribution des logements par les bailleurs qui privilégient les familles en difficulté. Le mixage des populations s’amoindrit et les catégories sociales de type classe moyenne s’en vont. Aujourd’hui, les habitants représentent en majorité la population en dessous du seuil de pauvreté.

LA DÉGRADATION A COMMENCÉ IL Y A ENVIRON 5 ANS

« La dégradation a commencé il y a environ 5 ans avec le problème des ordures. Le quartier est devenu une véritable poubelle. Tous les matins, au pied des immeubles, des « encombrants » des frigos, des canapés, des ordures ménagères, des milliers de papiers et de consommables.

« Une opération « propreté » a été plusieurs fois menée par l’Union de quartier et le centre social pour sensibiliser sur ce phénomène, mais rien n’y fait. Le relais a été pris par les services publics. Mais là il y a un réel problème de partenariat-

UN CLOISONNEMENT DES SERVICES RISIBLE

«On assiste à un cloisonnement des services qui devient risible.  Le service municipal ne ramasse que les papiers, le service propreté de la ville ne ramasse que les ordures ménagères et la régie de quartier les encombrants. Comme ils ne sont pas coordonnés, on peut avoir des  ordures qui restent pendant une semaine, voir quinze jours.

LE TRAFIC DE DROGUE DEPUIS 5 ANS

« Une autre dégradation, celle là plus grave, s’est installé il y a aussi environ 5 ans, celle du trafic de drogue. Des dealers bien connus de toute la population font leurs trafics au vu et au su de tout le monde au pied des montées d’escaliers. Un des dealers a été arrêté et fait de la prison, mais il est revenu et continue son commerce la journée et couche le soir en prison.

SITUATION EXPLOSIVE DEPUIS 3 MOIS

« La situation est de plus en plus grave depuis environ 6 mois, et surtout explosive depuis 3 mois. En effet, Il semble que le quartier soit abandonné autant que les jeunes sont abandonnés et sont dans un terrible processus d’exclusion. Tout d’abord une bande de jeunes de 13-16 ans qui stationne dehors et squatte certains  halls d’entrée des immeubles quand ils ont froid ou quand ils ont besoin de préparer des coups. Ils menacent certaines personnes fragiles.

UNE DAME AGÉE PERTURBÉE EN HOPITAL PSYCHIATRIQUE

« Par exemple, une dame personne âgée en situation de précarité et  qui vit seule, qui faisait partie du collectif de la Marche pour la dignité et contre la pauvreté et qui en a été perturbée mentalement et se retrouve actuellement en hôpital psychiatrique.

OUVRIR MA BOITE AUX LETTRES ENTRE DEUX JAMBES

« Ils sont agressifs envers les habitants de la montée d’escaliers qu’ils squattent ; Par exemple, moi même, voulant prendre mon courrier dans la boite aux lettres, un jeune étant monté dessus refuse de descendre et m’oblige à ouvrir la boite aux lettres entre ses deux jambes. Autre exemple, je me fais insulter méchamment en descendant les escaliers avec ma petite fille dans les bras parce que j’ai dérangé celui qui était assis sur une marche.

ILS NOUS DEMANDENT DE NOUS CASSER

«Autre exemple, on accepte qu’ils restent dans le hall parce qu’il fait froid, mais on leur demande de laisser l’endroit propre, (ils boivent, mangent et fument de 2 heures de l’après-midi à 11 heures du soir) Ils nous demandent de « nous casser » et de monter dans nos étages.

Nous retrouvons le hall d’entrée le matin dans un état déplorable.

PLUS RIEN N’EXISTE POUR CES JEUNES

« Un constat : plus rien n’existe sur le quartier pour ces jeunes – plus de maison des jeunes, plus d’ateliers bois, plus d’éducateurs de rue, plus d’animation locale, un centre social absent    (travail social individualisé). Seuls des actions collectives ont été menées pour la petite enfance, mais rien concernant les 12-16 ans. Ils sont abandonnés à eux même. On a essayé de discuter avec eux, de les confronter avec bienveillance, mais rien n’y fait. Leur stratégie est alors de gagner un peu d’argent par des vols dans les appartements et être « guetteurs » pour les dealers.

7 VOLS EN UNE SEMAINE DANS LE QUARTIER

« Aussi, il y a quinze jours, il y a eu 7 vols en une semaine sur notre quartier. Nous faisions partie du lot ! Leur stratégie est très élaborée. Ils mettent le feu dans les gaines à ordures communes, les habitants appellent les pompiers qui viennent rapidement, évacuent tous les appartements, cassent des vitres, demandent aux habitants d’aérer en ouvrant les fenêtres et après leur départ, les jeunes interviennent sans effraction par les fenêtres et volent ceux qui sont partis en quelques minutes en plein après midi tout ce qui est vendable dans l’immédiat, notamment matériel informatique.

ON NOUS PROPOSE DE RACHETER NOTRE MATÉRIEL VOLÉ

« C’est ce qui nous est arrivé – Nous avons eu pour 3000 euros de matériel volé.

« La police arrivée sur place nous parle de son impuissance, la police scientifique constate qu’il n’y a aucune trace à prélever, les agents de service des bailleurs sont dans la compassion, Tous nous conseillent de partir, de déménager ! Nous restons seuls face à cet événement. Le lendemain, ces mêmes jeunes que nous avions confrontés, puisque nous savions que c’étaient eux qui avaient fait le coup, viennent nous proposer par l’intermédiaire des jeunes adultes  de racheter l’appareil photo volé chez nous 350 euros.

NOUS SOMMES AU CŒUR DE L’ÉCONOMIE PARALLÈLE

« Le comble ! On est atterré ! Et dès lors, tout se sait- nous sommes au cœur de l’économie parallèle – On apprend que nos 2 ordinateurs ont  été vendus le soir même, notre télé le lendemain etc.. etc.. Cette économie parallèle est reliée avec le trafic de drogue.  Là aussi tout est bien organisé. Il y a les dealers, connus de tous, les petits jeunes « guetteurs », les nourrices, les receleurs de matériel volé, les revendeurs.

ZSP : CONSÉQUENCES PAS ANTICIPÉES POUR LE VILLAGE OLYMPIQUE

« Or depuis quelque semaines, l’opération d’Emmanuel Valls de Zone de Sécurité Prioritaire a des conséquences directes sur notre quartier qui n’ont peut être pas été anticipées !

« En effet, en tant que ZSP, les quartiers de Villeneuve sont systématiquement fouillés, montées d’escalier les unes après les autres. Aussi les bandes de trafiquants de drogue se sont déplacé sur notre quartier, non considéré comme ZSP.

ILS FONT TRANQUILLEMENT LEUR COMMERCE

« Aussi, nous avons vu s’installer la bande de jeunes adultes dans notre hall d’entrée. Ils arrivent à 13heures, et ne repartent que vers minuit- C’est leur nouveau territoire.  Ils ont planqué de la drogue dans les gaines communes et font tranquillement leur commerce. Pour entrer, ils cassent les vitres, cassent les minuteries, cassent les boites aux lettres. Il y a des règlements de compte entre bandes…

QUE FONT LES INSTITUTIONS À LEUR ÉGARD ?

« Ce groupe de jeunes Adultes semble hétérogène. Il y a bien sûr ceux qui vivent de la drogue et de l’économie parallèle, mais il y a aussi des jeunes adultes hors circuits, que font les institutions à leur égard, la Mission locale pour l’emploi, le Codase ? Ces jeunes  ne font rien de toute la journée, ne quittent pas le quartier. On n’arrive pas à discuter avec eux…Ils fuient…ou nous menacent

NOUS N’APPELONS PAS LE 12 PAR PEUR DES REPRÉSAILLES

« Avec quelques locataires voisins, nous avons fait plusieurs démarches :
« -auprés de l’Union de quartier, qui nous soutient moralement mais est impuissante et ne peut pas du tout compter sur les travailleurs sociaux.
« -auprés de la politique de la Ville, service Prévention qui a bien partagé nos analyses et qui a prévenu la police.. . Nous, nous avons toujours  refusé de faire le 12, par conviction mais aussi par peur des représailles, nous ne sentions absolument pas protégé !
« -auprés du bailleur, en signalant notre « perte de jouissance ». Après de multiples appels de notre part, voir du harcèlement au jour le jour, ils envoient depuis deux semaines tous les matins le service entretien nettoyer le hall et le jour même réparer les dégâts, ce qui n’était pas le cas auparavant, nous sommes parfois restés avec la vitre du hall d’entrée cassée pendant 15 jours, donc sans aucune protection.  Cela a été un vrai cauchemar pour tous les locataires de la montée.

UN M.ÂGÉ QUI NE PEUT PAS PARTIR PLEURE

« A un tel point, que nous étions trois couples de retraités dans la montée. Les plus âgés et qui avait 40 ans de vie au Village Olympique ont déménagé le 13 mars dernier, nous nous avons décidé aussi de partir le 1° juillet prochain, et l’autre couple de retraités, le Monsieur âgé qui ne peut pas partir par manque de ressource pleure à chaque fois qu’on le rencontre !

ON SE TERRE COMME DES RATS

« Plus personne n’ose sortir le soir, on se terre comme des rats !
Chacune des institutions interpellées renvoie la responsabilité des solutions sur l’autre ou nous renvoie à l’appel de la police….

« Que se passe-t-il pour nous ?
« -un sentiment d’abandon des pouvoirs publics
« -une souffrance au quotidien de voir et de sentir les jeunes squatter notre hall d’entrée et sentir leur propre souffrance.
« -une situation qui nous dépasse, le monde de la drogue est une inconnue pour nous et nous n’avons plus nos points de repères pour agir. Nous perdons notre pouvoir d’agir !

PAS DE VOLONTÉ INSTITUTIONNELLE À NOS CÔTÉS

« -un sentiment de perte de tout ce que nous avions mis en œuvre en situation active à travers les actions collectives. Nous savons qu’il ne faut pas rester isolés, qu’il faut créer la force d’un collectif, mais on n’a plus l’énergie et on ne sent pas de volonté institutionnelle à nos côtés !

« En conclusion, peut être que ce témoignage d’une expérience de l’intérieur d’un quartier populaire qui lui aussi est pommé, d’une citoyenne lambda qui ne comprend pas pourquoi on en est arrivé là et qui croie quand même à un sursaut possible pour aider ces jeunes à s’en sortir et choisir d’autres issues que la déviance pourra être utile ».

Cette personne n’appartient pas à notre mouvance . Elle ne met donc pas en cause les responsables de cette situation. Mais les dates sont là. Et les faits sont les faits.La dégradation, sa violence, les conséquences humaines – une personne âgée à l’hôpital, une autre qui pleure de n’avoir pas les moyens de partir – sont dues à l’impéritie chronique de la municipalité Destot indifférente sinon en paroles à la vie des habitants de Grenoble.

Hier un habitant de Villeneuve racontait sa vie quotidienne.( INSÉCURITÉ À GRENOBLE : DES TÉMOIGNAGES ACCABLANTS) Aujourd’hui une autre explique pourquoi elle lâche prise. Demain nous publions l’alerte de l’Union de Quartier du VO qui confirme la situation.

Comment MM Destot et Safar et les élus peuvent ils continuer à tenir leurs discours sans prise face à de tels drames ? (.DÉLINQUANCE : DESTOT (PS) A CACHÉ LA VÉRITÉ AUX GRENOBLOIS)C’est aussi à ces postures qu’on reconnaît clairement la tromperie morale qui régit leur mandat d’élus. Une raison fondamentale d’y mettre fin au plus tôt.

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