GRENOBLE:  » L’APPEL D’AIR AUX SQUATS  » CRÉE UNE SITUATION TENDUE

Publié par user1 le

 » Quand vous avez moins de présence de la police munici­pale sur la voie publique, forcément, il y a un appel d’air » au squat “anar”, «Grenoble et son agglomération sont particulière­ment exposées  » explique sous couvert d’anonymat un huissier de justice Grenoblois ( DL du 20/5/16).

Les déclarations de la municipalité Piolle selon lesquelles l’hébergement des étrangers en situation irrégulière était  » inconditionnel «  à Grenoble. Le soutien au bidonville de l’avenue Esmonin pendant des mois avant d’être contraint d’y mettre fin car il était un foyer de violence dirigé par des mafias. L’appui public et financier à « Nuit Debout » qui occupait le parvis de MC2 et dont les rescapés voudraient s’installer place Victor Hugo. Le matraquage par voie d’affichage, de tags, de sticks contre tout ce qui de près ou de loin ressemblerait au « capitalisme » honni. La promotion de toutes les marges – quelles qu’elles soient- afin d’en faire le centre de toutes les préoccupations. L’annonce de la réquisition des logements et du blocage des loyers afin de stigmatiser les vilains propriétaires.

GRENOBLE FAVORISE ET SOUTIEN les COMPORTEMENTS HORS la LOI

Tout a été fait à Grenoble pour créer un climat qui favorise les comportements hors la loi. Cette délinquance là est pardonnable aussi puisqu’elle n’est qu’une réplique à  » la brutalité de la loi » comme l’a dit Eric Piolle (Verts/PG) à propos des casseurs.

Le « DL » révèle qu’il existe un guide de l’occupation sans droits ni titres sur internet qui permet de faire durer le plaisir pour occuper durablement un appartement. Car si l’on comprend bien l’avocate grenobloise Caroli­ne Parayre qui défend des propriétaires les procédures d’expulsion peuvent être longues, l’huissier estimant au moins 6 mois!

LE MAUVAIS EXEMPLE du QUARTIER BERRIAT

Ainsi quartier Berriat -particulièrement exposé à la paupérisation, à la dégradation, à la progression de l’économie parallèle – les squats se multiplient. Le journal raconte qu’en septembre der­nier, plusieurs « jeunes » investis­saient un apparte­ment inoccupé dans un im­ meuble sur le cours Berriat. Une occupation  qui, selon les ha­ bitants de l’appartement juste en dessous, cause d’importan­tes perturbations sonores, de jour comme de nuit. « Cette situa­tion a précipité leur décision de vendre leur appartement pour se réfugier plus au cal­me dans l’agglomération gre­nobloise » .

UNE FAMILLE SUPPLÉMENTAIRE de la CLASSE MOYENNE QUITTE BERRIAT

Une famille »normale » de moins à Grenoble, probablement de la classe moyenne qui quitte la ville du fait de la dégradation d’un quartier, ce qui accroit celle-ci un peu plus. On est loin de la crainte d’un « embourgeoisement du quartier » exprimée par Bruno de Lescure le président de l’Union de Quartier au sujet du projet A.Raymond/Eiffage.

 » SQUATTER C’EST CRITIQUER EN ACTES UN SYSTEME » (!)

Il ne s’agit pas de familles à la rue qui occuperaient en désespoir de cause un appartement vide. On a à faire soit à des “anarcho­-libertaires”, soit à des Roms soit à des Routards qui vivent aux crochets des autres. Beaucoup couvrent leur choix d’un discours politique fumeux selon lequel  « squatter, c’est critiquer en actes un système qui veut que les riches conti­nuent de s’enrichir sur le dos des pauvres  » alors bien entendu qu’il s’agit simplement de profiter sans travail d’un système qu’ils décrient.

PRES d’UN LOGEMENT SOCIAL SUR DEUX EST REFUSÉ par les DEMANDEURS

Hélène Delarroqua, la journaliste qui publie cette intéressante enquête explique que « le contexte so­ciétal joue en leur faveur : alors que les inégalités se creusent, une foule de per­sonnes est à la rue » . Il s’agit d’une réalité plus complexe on le sait puisque près d’un demandeur sur deux de logement social refuse l’offre!  Ceux là au moins ne sont pas à la rue. En même temps quel échec pour la gauche et ses programmes de logements sociaux refusés par ceux auxquels ils sont destinés.

La problématique de l’hébergement est une autre question liée aux choix de politiques migratoires et à Grenoble toutes les politiques mises en place par la municipalité Piolle visent à la favoriser sans avoir aucun moyen d’y répondre avec dignité.

LE MÉCHANT CAPITALISME FAIT RECULER LA PAUVRETÉ

Quand à la pauvreté le méchant capitalisme a plutôt tendance à la faire reculer.Dans une planète qui n’a jamais été aussi nombreuse  l’extrême pauvreté  a reculé en 2015 à un niveau sans précédent et frappe moins de 10% de la population mondiale selon un rapport de la Banque mondiale (BM) publié en octobre dernier. «Nous pourrions être la première génération dans l’histoire qui pourrait mettre un terme à l’extrême pauvreté», s’était même félicité Jim Yong Kim, le président de l’institution.

GRENOBLE RENOUE AVEC LES MODELES ANCIENS de l’ÉCONOMIE ADMINISTRÉE

Selon les projections de la BM 9,6% de la population mondiale, vit sous le seuil de pauvreté, que l’institution a d’ailleurs relevé de 1,25 à 1,90 dollar par jour pour tenir notamment compte de l’inflation. En 2012, date des données disponibles les plus récentes, les plus défavorisés de la planète étaient 902 millions, soit près de 13% de la population mondiale, une proportion qui atteignait encore 29% en 1999. On sait ce qu’il en était des autres  » modèles » mirifiques avec l’économie administrée celle que Grenoble se fixe comme nouvelle frontière!

GRENOBLE: 5 QUARTIERS EN DESSOUS du SEUIL de PAUVRETÉ

D’ailleurs Grenoble ne s’inscrit pas dans cette tendance s’agissant du recul de la  pauvreté dans les pays développés ( soit 1000 € par mois en France) ) puisque 5 quartiers sont  maintenant sous ce seuil et Villeneuve figure parmi les 9 les plus pauvres de France. Ces échecs urbanistiques n’empêchant pas la gauche et les Verts de poursuivre en « fabriquant des pauvres.  » En effet les habitants des 5 quartiers et Villeneuve ont régressé ces 20 dernières années en proportion de l’évolution du pays. C’est cette politique conduite au Sud de la ville qui est en train de s’étendre au  nord.

LA SOCIALISATION du LOGEMENT CAUSE de la RARÉFACTION de l’OFFRE

Quand aux  « milliers de logements (qui) restent désespérément vides et inuti­les »   qu’évoque également à juste titre la journaliste – 9000 à Grenoble, soit probablement autant que la demande de logements- il faut aussi s’interroger sur les causes: l’impossibilité de chasser un mauvais payeur à cause de mesures de protection toujours aggravées, la taxe foncière la plus élevée de France qui représente jusqu’à 3 mois de loyer, la baisse dramatique de la valeur des biens dans les quartiers dégradés ou ( et) l’annonce de mixité est un échec total, les annonces de blocage des loyers, l’exclusion des propriétaires modestes des financements des programmes engagés dans les logements HLM des quartiers en difficultés ( parfois du montant de la valeur de leur propre logement!) …

LE DÉVELOPPEMENT des SQUATS à GRENOBLE NE PEUT QUE S’ACCENTUER

Le développement des squats à Grenoble ne peut que s’accentuer si rien n’est fait pour changer de politique au plan du discours ambiant, de la répression, de la valorisation du logement, du soutien aux propriétaires qui sont un pôle de stabilité dans une ville sous tension.Quelle est la valeur d’un bien qui jouxte un appartement squatté ou qui peut l’être ?

La première correction consiste à augmenter le nombre de propriétaires et de s’en donner les moyens : avec 40 % Grenoble  est à 20 points au dessous de la moyenne nationale dans le rapport propriétaires/locataires.

ACCROITRE LE NOMBRE de PROPRIÉTAIRES

Ne faut il pas commencer par là en permettant notamment aux locataires de HLM d’acquérir facilement leur logement afin de participer à la prospérité plutôt que de faire se dégrader leur situation?

Mais dans l’idéologie Rouge/Verte qui gouverne Grenoble dans une parfaite continuité avec la municipalité Destot/Safar (PS) on sait bien que le « vilain capitalisme » présente un autre inconvénient majeur moins mis en avant: il rend indépendant de la collectivité et libère de la dépendance du clientélisme politique.

Photo du DL : quartier Berriat à Grenoble, une incontestable dégradation