GRENOBLE: LE CONCORDIA d’Eric PIOLLE (Verts/PG)

Publié par user1 le

En comparant Jérôme Safar (PS) au Capitaine du Concordia , Eric Piolle (Verts/PG) a bien résumé la situation de Grenoble. Les gauches se renvoient la balle localement de savoir qui est responsable du fait que la ville coule?

Pour une fois pourtant ce naufrage est bien le résultat d’une véritable « co-construction ».

« Les comptes de la Ville sont remontés en 2009 avec l’augmentation des impôts, ils ont vivoté entre 2009 et 2012, puis ils ont plongé en 2012, 2013 et 2014, avec 25 millions d’augmentation des dépenses de fonctionnement et 15 millions de hausse pour la masse salariale » raconte Eric Piolle dans le DL ( 14/6/16).

LES 13 PREMIERES ANNÉES de GESTION PS/VERTS ABOUTISSENT à + 10 % D’IMPÔTS...

Sauf que cette « remontée des comptes » de 2009 ( belle expression pour qualifier le contribuable pressuré) résultait de … 13 années de gestion PS/Verts/Ades/PC qui laissait déjà Grenoble exsangue.  Des colistiers et élus de la municipalité Piolle actuelle détenaient déjà des responsabilités clefs pendant ces 13 années: Raymond Avrillier, Maryvonne Boileau, Gilles Kuntz, Vincent Fristot, Christine Garnier ,M.Girod de l’Ain…

… DILAPIDÉS EN 4 ANS

Il est vrai que cette hausse d’impôts qui a hissé Grenoble eu premier rang des villes de France de sa strate pour les impôts locaux a été dilapidée en peu d’années puisque le compte de gestion de la ville est redevenu négatif en 2014. Ce qu’il était déjà en 2008 avec les Verts/Ades au pouvoir.

LA GAUCHE N’A PAS EU à « RATTRAPER les ANNÉES CARIGNON  » ( Eric Piolle)

Eric Piolle n’a pas a  » rattraper les années Carignon » (!) 21 ans après comme il le dit puisqu’en 1995 , arrivant au pouvoir à la tête d’une ville qui venait de bénéficier d’équipements et d’implantations de premier ordre, réussir les deux premières lignes de tram, la gauche n’a même pas eu à augmenter les impôts. Elle a vécu 13 ans sur les acquis se contentant de créer un rideau de fumée sur la municipalité précédente en bénéficiant de la situation.

L'épargne nette de Grenoble est négative jusqu'en 2008 (gestionPS/Verts) redevient positive avec les  + 10 % d'impôts dilapidés en 4 ans et redevient négative en 2015

L’épargne nette de Grenoble est négative jusqu’en 2008 (gestionPS/Verts) redevient positive avec les + 10 % d’impôts dilapidés en 4 ans et redevient négative en 2015

E.PIOLLE S’EMBERLIFICOTE DANS SES DÉCLARATIONS

Mais face aux mécontentements qui montent Eric Piolle l’a joue Churchill mâtiné Tatcher dans le « Dauphiné Libéré ». Voilà le capitaine Courage. Il s’emberlificote dans ses déclarations puisque dans un premier temps il avait reconnu que  » les mesures de sobriété (!) que nous avions prises dès notre arrivée aux commandes n’ont pas suffi « (!).

IL A PRIS SES MESURES DANS LES TIROIRS DES BUREAUX

Maintenant c’est autre chose:  » On a fait ce travail de sobriété, tout en disant qu’il ne permettrait pas de trouver les 20 millions que nous devons aller cher­cher ». ça sent la lourde improvisation. Et ce sentiment s’aggrave lorsqu’Eric Piolle, le phare de l’occident, le visionnaire de l’entrée dans le XXI eme siècle, celui qui foisonne des idées de « Nouvelle Donne » et « Nuit debout » cumulés avoue  » qu’un certain nombre de choix qu’on vient de faire ont été des chimè­res. Des chimères qui se promènent dans les réflexions internes à la Ville depuis très longtemps ». Bref il a sorti des tiroirs les propositions classiques de rabotage des services qui trainent dans les bureaux.

UN COMPTABLE DE MAUVAISE FOI…

Il regrette que sa position phare de l’emprunt sans dette ne soit pas retenue. Il va la proposer aux candidats à la présidentielle et on ne doute pas que l’extrême gauche, Pierre Larrouturou et Cécile Duflot l’a retiendront. Cela ne fera pas avancer Grenoble.

Par contre sur le bon sens de donner des impulsions nouvelles aux expositions et au congrés après tant d’années de gabegie d’Alpexpo  en vendant le site, Eric Piolle est sur la défensive. Il répond en comptable de mauvaise foi. Affecter des recettes exceptionnelles au désendettement redonne de la marge à la ville, relance les travaux et l’emploi grâce à des opérateurs privés. Mais la municipalité Piolle ne veut pas entendre parler de cette économie du passé. Elle détient la vérité qu’elle impose au peuple en avant garde éclairée.

… QUI PARLE COMME UN  » VULGAIRE » PATRON

Et celui-ci doit vulgairement souffrir en attendant ce monde nouveau. Cela se traduit par les suppressions d’emplois (  » pas de licenciements, des départs naturels » !) ou des fermetures de bibliothéques ( » Est­ ce qu’on se rend compte que la densité des bibliothèques à Grenoble est cinq fois supérieure à celle de nombreuses autres grandes villes ? ») .

LA TACTIQUE DE NOYER DANS L’EURO a ÉCHOUÉ

La tactique choisie de l’annonce à la veille de l’Euro afin de noyer les mesures à visiblement échoué. A la suite la municipalité devait passer à autre chose et attendre le début de l’été. A la fois du fait de la grogne interne à la majorité Rouge/Verts et par consigne il fallait répondre le moins possible afin de limiter l’ampleur du débat.

TOUT LE DISCOURS VERTS/EXTRÊME GAUCHE EST PAR TERRE

La nouvelle prise de parole d’Eric Piolle ( encore 2 pages du DL!) démontre que les digues ont craqué. Mais en multipliant les interviews il se contredit et fait monter la tension. La posture du courage sur des mesures de casse du service public est totalement contre productive: elle prend la gauche et l’extrême gauche de face en mettant à bas tout leurs propres discours , elle déligitime toute leur idéologie de pacotille, elle coupe la municipalité de toute cette nébuleuse sur laquelle elle s’appuyait jusque là.

Ses mesurettes de rabotage ne peuvent satisfaire non plus  la droite et le centre qui comprennent clairement qu’il s’agit seulement de faire face à l’urgence d’un Grenoble qui ressemble au Concordia.

DE PIOLLE IL FAUT CROIRE CE QU’IL DIT OU CE QU’IL FAIT ?

« Le tournant de la rigueur » évoqué par Eve Moulinier (DL) aura été le virage de trop pour Eric Piolle.  Celui qui prend des mesures aussi basiques de rabotage des budgets sans en intégrer même la valeur symbolique ne se rend pas très bien compte qu’il a du mal à prétendre définir les enjeux de la prochaine présidentielle. Les candidats pourront lui demander ce qu’il faut croire de lui : ce qu’il dit ou ce qu’il fait?

Cette fois il est vraiment entré dans le mur.