FRESQUE ANTI-POLICE:  » AUX NOMS de TOUS LES MIENS » par Sébastien Tomasella

Publié par user1 le

« Rien n’est beau, il n’y a que l’homme qui soit beau : sur cette naïveté repose toute esthétique, c’est sa première vérité. Ajoutons-y dès l’abord la deuxième : rien n’est laid si ce n’est l’homme qui dégénère. » Friedrich Nietzsche

L’art n’est pas l’imitation de la nature, il est la transcendance de l’existence individuelle. La condition pour aller au-delà de son propre égo. C’est cette manifestation de l’être qui nous permet d’affronter le tragique.

On nous reprochera de nous intéresser à une sphère qui ne nous concerne pas. Néanmoins, dans l’appellation « homme politique », l’Homme – à juste titre- précède le Politique.

A titre personnel, je suis Homme et mon temps libre je le consacre à la Musique. La question du prisme idéologique n’entre pas en compte dans cette histoire.

Il y a peu, cette fresque, représentant deux agents des forces de l’ordre matraquant le symbole de la République par excellence, a fait couler beaucoup d’encre.

La fresque anti police de Grenoble qui crée l'émotion (photo DL)

La fresque anti police de Grenoble qui crée l’émotion (photo DL)

L’encre est devenue polémique. La polémique, un poison pour les esprits déjà tourmentés par le climat actuel.

J’ai essayé de comprendre. J’ai songé à la peine des forces de l’ordre à qui on refuse la reconnaissance et le respect. J’ai songé aux artistes ressentant fortement le besoin de s’exprimer et que l’on voudrait faire taire. J’ai songé aux manifestants contre la Loi travail, aux participants de Nuit debout, ceux qui refusent la politique menée par le gouvernement et que l’on criminalise –parfois injustement- quand on en a l’occasion.

Regardons cette fresque de plus près.

Nous y voyons des CRS portant l’abréviation de l’article 49 alinéas 3 sur leur bouclier antiémeute. J’y vois l’Allégorie de l’Etat et donc potentiellement la «répression » légitime qu’il peut exercer. Faisons défiler notre regard, qui voyons-nous ? Marianne, évidement. Allégorie de la République et in extenso de la nation française. Nous sommes d’accord. Est-elle seulement à terre ? Je n’en suis pas si sûr.

Certains liserés ne sont pas perceptibles à l’œil, ils ne peuvent être observés qu’avec l’intervention de l’esprit.

Qui emmène sur un plateau les enfants de la République au sein de ce tableau sanglant ?

Qui sacrifie sans regret Marianne sur l’autel de la Violence ?

Ceux à pointer du doigt sont ceux qui gangrènent la sphère artistique par pur souci de propagande. Non pas car ils ne partagent pas nos convictions, mais car ils nourrissent la rancœur et salissent l’Art en se l’appropriant. La Mairie porte la responsabilité de cette fresque à la vue des subventions qu’elle lui apporte.

Je vois sur cette fresque et en filigrane la gauche radicale, ces idéologues hypocrites à la recherche de futurs fanatiques. Voilà ceux qu’on ne peut pas percevoir directement : les partisans d’un art étatique, propagandiste, alimentant la haine et cherchant à multiplier les affrontements. Ceux-là offrent Marianne sur un plateau, non pas pour construire, mais pour donner un semblant de réalité à leurs chimères.

À eux je ne veux pas de mal, je ne leur porte pas de mépris, simplement de la désolation. Monsieur Piolle a sali la seule porte de sortie pour l’âme humaine. Car il faut le comprendre, le politique au pouvoir est tel le roi Midas : sitôt qu’il touche à l’Art alors d’Art il n’y a plus.

Je trouve ce spectacle abominable. Je parle de ces fanatiques -d’un bord comme d’un autre- s’affrontant, poursuivant la logique de l’entre-soi, à l’affût de la polémique facile, cherchant tout et n’importe quoi pour donner un prétexte à leurs propos…

Je n’aurais qu’une chose à dire à tout ce petit monde, et à moi-même d’ailleurs : arrêtons les conneries, on peut encore freiner. Après il sera trop tard.

Cette fresque, qu’on la garde en mémoire d’ailleurs. Qu’elle serve de limite à ne pas dépasser. Qu’elle soit un garde-fou pour l’âme humaine.

Sébastien Tomasella