DESTOT / FIORASO : Pourquoi le rapport publié par Atlantico est une bombe

Publié par Les Républicains 38 le

Depuis des années il est question à Grenoble de la société fondée par Michel DESTOT et Geneviève FIORASO dans les conversations sans que des éléments concrets et vérifiables soient posés sur la table. Il est vrai qu’il s ‘agissait là de rumeurs. Mais avec l’article (http://www.atlantico.fr/decryptage/ministre-enseignement-superieur-genevieve-fioraso-corys-subventions-grandes-ecoles-polytechnique-370306.html) et la publication du rapport officiel complet d’expertise judiciaire par le site Atlantico publié également par le « Dauphiné Libéré » (http://www.scribd.com/doc/94700561/CORYS-1-Rapport-d-Expertise) que nous livrons nous aussi à la sagacité du lecteur, c’est un pan entier de l’histoire Grenobloise qui se trouve révélé avec des explications sur des faits et des hommes qui rendent compréhensibles notre histoire commune.

On retrouve tous les acteurs du Grenoble d’aujourd’hui :

  • Michel DESTOT alors PDG de CORYS SA, principal actionnaire, Député membre de la Commission de l’Industrie et de l’Énergie directement concernée par l’activité de CORYS ;
  • Geneviève FIORASO, Directrice commerciale de CORYS ;
  • Stéphane SIEBERT, son compagnon, actionnaire et dirigeant de CORYS ;
  • Alain FÉMEAU, Directeur financier de CORYS ;
  • Raymond AVRILLIER, Adjoint au Maire de DESTOT et Vice-président de la Métro dans la période ;
  • Sydney ZIMÉRO, Officier de Police Judiciaire de Grenoble chargé par le Procureur de l’enquête préliminaire sur CORYS ;
  • Dominique MARTIN, Officier de Police Judiciaire de Grenoble chargé par le Procureur de l’enquête préliminaire sur CORYS ;
  • Éric MERLEN, journaliste correspondant du « Canard Enchaîné » et de « Libération » à Grenoble.

QUELLE EST L’HISTOIRE ?

De 1976 à 1988 Michel DESTOT est responsable d’exploitation du réacteur nucléaire Siloëtte au CEA à Grenoble. Il est élu Député en 1988.

À cette date il décide de « faire de l’argent » en supplément et en parallèle de son mandat parlementaire, ce qui est évidemment légal.

Sous l’appellation « d’essaimage » il privatise son ancien service avec le soutien juridique et financier du CEA et fonde avec ses amis CORYS SA dont il est le PDG et le principal actionnaire.
Les clients et partenaires appartiennent quasiment tous au secteur public (EDF, Framatome, fonds de la Commission Européenne, de l’ANVAR etc…) qui sont tous, heureux hasard, les clients et financiers de son ancien service public et tous les interlocuteurs de la commission parlementaire dans laquelle il siège comme Député PS.

Pendant que CORYS dépense l’argent public et enrichit ses dirigeants, Raymond AVRILLER mène l’agitation publique contre le contrat d’eau de la ville de Grenoble et Alain CARIGNON avec deux alliés en la personne du Juge Lyonnais Philippe COURROYE (mis en cause bien plus tard dans les affaires BETTANCOURT) et le Procureur de Lyon JL NADAL son supérieur qui finira à la Cour de Cassation et révélera à sa retraite en 2012 son engagement politique partisan par un soutien militant à François HOLLANDE.

En 1995 la situation de CORYS est catastrophique du fait de la gestion DESTOT / FIORASO / SIEBERT.

Il faut en urgence rapatrier CORYS Group de Paris à Grenoble afin que ce soit la Police Judiciaire de Grenoble et non pas celle de Nanterre qui soit chargée de l’enquête éventuelle. C’est en effet par CORYS Group qu’EDF a prêté 10 000 000 F à CORYS. Or s’agissant de ce prêt Le rapport d’expertise judiciaire indiquera : « on peut se demander quelle démarche et quels intérêts ont conduit cette entreprise (EDF) à consentir un prêt présentant de tels risques objectifs« .

EDF qui avance aussi à CORYS le paiement de factures pour aider son fournisseur !

Évidemment il s’agit d’un soutien abusif, d’un conflit d’intérêt s’agissant d’une décision de l’opérateur public de soutenir des intérêts privés. Qui est PDG d’EDF ? Gilles MÉNAGE, propulsé la par François MITTERRAND dont il était le directeur de cabinet. Et Michel DESTOT comme Député PS est l’un des interlocuteurs d’EDF et du secteur de l’énergie à la Commission de l’Assemblée Nationale…

En catastrophe Michel DESTOT abandonne le poste de PDG (mais reste le principal actionnaire) au profit de son bras droit Jean-François MUSSO a deux mois des municipales de 1995.

Personne ne s’intéressera à ce départ précipité et les Rouge / Les Verts scelleront au contraire une belle alliance avec DESTOT pour gouverner Grenoble et se partager les postes, AVRILLIER créant le rideau de fumée en ferraillant contre CARIGNON avec les appuis judiciaires cités.

À Grenoble le Procureur de la République confie naturellement l’enquête préliminaire aux Officiers de Police Judiciaire MARTIN et ZIMÉRO. Ils choisissent avec délicatesse d’enquêter sur CORYS à partir de… 1995 date du départ de Michel DESTOT comme PDG. Alors que le rapport d’expertise judiciaire démontre clairement que les actes de gestion éventuellement délictueux ont tous été pris pendant le mandat DESTOT avec Geneviève FIORASO comme directrice.

Deux ans après le départ de Michel DESTOT qui est toujours le principal actionnaire, en 1997 CORYS dépose son bilan avec 18 M. de pertes (essentiellement de l’argent public) et en 2000 J-F MUSSO assume de passer en correctionnelle pour « comptes maquillés, subventions européennes détournées, fonds indûment versés à d’anciens associés ».

Le tribunal est clément parce qu’entre temps un miracle s’est produit : une filiale Belge de la Lyonnaise des Eaux, Tractebel a repris CORYS cette société en faillite, 45 salariés restant tout de même au passage sur le carreau ce qui n’émeut personne à Grenoble.

Alors que cet événement se produit le PS co-gère Grenoble avec Raymond AVRILLIER et ses amis Verts et l’ADES. Ces derniers continuent de détourner l’attention des électeurs et de la presse sur la municipalité CARIGNON. Les médias locaux embrayent et personne ne regarde ailleurs…

LES HOMMES ? QUE SONT ILS DEVENUS ?

Ces faits se sont achevés en 2000 au tribunal correctionnel pour M. MUSSO.

Michel DESTOT est toujours Député de l’Isère depuis 24 ans et se représente en 2012. Il aime toujours à se faire valoir comme « spécialiste de l’industrie » et à même fait savoir dans le cadre de la campagne HOLLANDE qu’il avait demandé des rendez-vous à des patrons du CAC40.
En son temps l’un d’eux, Jean-Luc LAGARDÈRE avait raconté dans tout Paris qu’un jour il avait reçu un Député qu’il ne connaissait pas. Il s’agissait de Michel DESTOT. Lui demandant de quel département il était l’élu, celui-ci avait répondu « de l’Isère ». Et LAGARDÈRE l’avait questionné sans savoir : « qui est Maire de Grenoble maintenant ? ». Michel DESTOT avait été contraint de répondre : « c’est moi ».

On imagine l’impact des visites d’un homme qui a fondé son entreprise sur un service public, avec l’aide de l’argent public, des clients publics et, même s’il a effectivement réalisé un profit privé, l’a mise en faillite.
Reste à savoir les suites qui peuvent être données à son dossier dans le nouveau cadre national.

Geneviève FIORASO  quitte CORYS  pour être nommée chef de cabinet de Michel Destot devenu Maire toujours actionnaire principal de Corys.Elle ne figurait donc évidemment pas parmi les 45 salariés laissés sur le carreau dans la reprise de CORYS au moment de la faillite. Michel DESTOT et Stéphane SIÉBERT étant actionnaires .Puis, probablement pour tenir compte de ses succès dans l’entreprise (!)  elle devient… Directrice du service économique de la ville de Grenoble. Après ce sas de décompression et les élections suivantes, Adjointe au Maire, 1ere Vice Présidente de la Métro, elle deviendra Députée ( 2007)  avec un CV précisant qu’elle est  » experte en gestion et en économie , ancienne de l’équipe de direction de CORYS  » une start up…  Pourtant elle ne connaît de l’activité d’une entreprise que les fonds publics et n’a jamais eu pendant ses activités professionnelles une échéance à faire sur recettes réellement  privées .Elle demeure Adjointe au Maire de Grenoble , administratrice d’Alpexpo ( voir la gestion…)  et  poursuit son activité de mélange des genres avec l’économie mixte.. Cumulant les mandats et les indemnités aux côtés de son compagnon Stéphane SIÉBERT elle se représente en 2012 étant devenue depuis -paradoxalement – Ministre en charge des fonds de la recherche et des universités qu’elle a si bien géré à titre privé et à titre public !

Stéphane SIÉBERT, actionnaire, co-fondateur de l’entreprise avec Michel DESTOT quittera l’entreprise avec celui-ci avant la faillite. il sera nommé dans la foulée Directeur Général de la Ville de Grenoble à l’élection de Michel DESTOT en 1995 ! Sur la base de ses compétences privées ? Puis il retournera au CEA comme directeur délégué (poste abandonné lors de la privatisation pour créer CORYS mais ayant conservé le parachute ce qui permet de cumuler tous les avantages et rémunérations du privé sans aucun risque personnel, les pertes étant au détriment des fonds publics) en devenant parallèlement Adjoint au Maire chargé de la candidature de Grenoble aux JO qui se terminera par un fiasco historique, la ville ayant été éliminée au profit… d’Annecy (rappelons qu’aux temps des municipalités UMP Grenoble emportait les JO de 68, le Synchrotron face à Strasbourg, le Palais de Justice et le Musée d’intérêt National…). Puis il deviendra Adjoint au Développement Durable dont les résultats sont effectivement moins aisément quantifiables avec précision, ce qui laisse plus de facilité pour pérorer , tout en demeurant Vice-président de GEG,toutes  indemnités cumulables avec ses fonctions.

Alain FÉMEAU qui était directeur financier de CORYS qui a fait l’objet du rapport accablant d’expertise judiciaire sur la gestion de la société a été récompensé en devenant… Directeur Général de la Compagnie de Chauffage de la Ville de Grenoble en 1995.

Raymond AVRILLIER qui n’a conduit aucune action judiciaire sur la reprise de CORYS (PDG DESTOT) par la Lyonnaise des Eaux au moment ou la ville de Grenoble (Maire : DESTOT) payait 10 millions de F. à la Lyonnaise le rachat du contrat d’eau est devenu Adjoint au Maire et Vice-président de la MÉTRO doublant au moins son ex salaire avec ses indemnités. Il manquera du seul fait de l’intransigeance d’André VALLINI qui lui refusera la 3ème place qu’il réclamait, de devenir Sénateur de l’Isère en 2011 alors que l’affaire paraissait acquise.  Dans la lignée de sa posture,  en ce moment il conduit une nouvelle action judiciaire Nationale exemplaire pour démontrer que Giscard d’Estaing a agi illégalement en faisant savoir, alors qu’il est membre du Conseil Constitutionnel, qu’il votait Sarkozy. Elle devrait être couronnée de succès et encensée par la presse.

Sydney ZIMÉRO, Officier de police judiciaire à Grenoble chargé de l’enquête préliminaire par le Procureur sera nommé le 1er septembre 1998 au cabinet de Michel DESTOT Maire de Grenoble chargé des relations avec… les renseignements Généraux. À notre connaissance il ne rendra jamais compte de sa mission au Conseil Municipal jusqu’à la fin de son contrat début 2012. Grenoble n’étant pas adepte de la transparence, comme les autres contrats celui-ci n’est pas accessible par le net ce qui aboutit au fait qu’un contribuable lambda est dans l’incapacité d’en connaître le montant.

Dominique MARTIN, Officier de police Judiciaire à Grenoble chargé de l’enquête préliminaire par le Procureur a été recruté à sa retraite également dans le secteur public local à la MÉTRO ou il est toujours en poste. À notre connaissance les élus n’ont jamais eu de communication au sujet des modalités de son recrutement et de son poste et nous ne connaissons pas non plus son contrat.

Éric MERLEN, journaliste qui assurait l’orchestration des affaires grenobloises auprès du « Canard Enchainé » et « Libération » sans jamais faire allusion à la grande famille de CORYS, ses ramifications et intérêts, a été recruté au cabinet du Maire de Grenoble où il est toujours en poste sans que son activité soit établie par les observateurs comme particulièrement débordante.

Bien entendu cet ensemble peut être considéré comme des coïncidences totalement dépourvues de lien entre elles.

QUELS SONT LES FAITS ?

Le rapport d’expertise judiciaire décrit comment M. DESTOT, Madame FIORASO, M. SIÉBERT ont géré une société privée née de la privatisation à leur profit d’un service public avec des clients publics et des aides publiques.

Ce rapport et la carrière des personnes impliquées dans ce dossier indique clairement ce qu’il devrait en être si les différents rouages avaient joué leur rôle : justice, médias, corps intermédiaires.

Il pose la question – les protagonistes étant tous présents à des postes publics – des suites qui peuvent aujourd’hui être données à ces affaires.

C’est une bombe.

Parce que ces personnes publiques gèrent Grenoble et l’agglomération. Et que Madame FIORASO est devenue Ministre.

Et lorsque nous indiquons que Grenoble est prisonnière de dettes toxiques jusqu’en 2037, lorsque nous posons la question de savoir pourquoi la ville a accepté que le club de foot prête à une société japonaise plutôt que de payer son loyer, quand nous demandons ce que cache la gestion chaotique d’Alpexpo, les frais de bouches records de France, de fonctionnement et de communication abyssaux dans une ville incapable d’emporter une décision nationale, nous disons vrai et juste.

Une bombe par son contenu explicite : déficit abyssal, irrégularités et violation des articles 101 et suivants de la loi de 1996, honoraires abusifs, des primes qui ne correspondent pas à un travail, transgression des règles du code de commerce, « attitude de complaisance d’EDF qui a payé 14MF à CORYS sans que le contrat ne soit jamais terminé » plus de 5,6 ME de subventions détournées à la Communauté Européenne au détriment d’entreprises et de centres de recherches, 6MF d’avances de l’ANVAR (fonds publics) non remboursés…

Mais CORYS groupe (dont les siège social a été transféré à Grenoble sans raison logique ce qui permet d’imaginer qu’il s’agissait d’éviter la PJ de Nanterre ) a aussi obtenu un prêt de 10.000.000 de F de son client, EDF par l’intermédiaire de SAPAR finances (filiale d’EDF)

On apprend que l’entreprise travaillait avec la Lituanie à laquelle Michel DESTOT a ensuite lié Grenoble alors que les experts judiciaires notent comme un mystère supplémentaire le fait que CORYS ait refusé de répondre pour fournir les dossiers concernant la Lituanie.

En 1995 au moment de la campagne électorale grenobloise le montant des « autres achats et charges externes » de l’entreprise a été extraordinairement élevé.

Le mieux est de se rendre compte par soi-même et de prendre connaissance de ce rapport. Hier soir à 20h plus de 2000 internautes l’avaient immédiatement consulté sur le site du « Dauphiné Libéré ». Autant sur le site d’ATLANTICO. Rien de mieux que l’information brute pour se faire une idée. Il est consultable en totalité sans ajout ni retrait. Ni aucune modification de forme.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour télécharger le rapport :

LIEN : LE RAPPORT D’EXPERTISE JUDICIAIRE SUITE À RÉQUISITION DU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE DE GRENOBLE