A.CARIGNON (LR):  » LA DÉLINQUANCE NE RENCONTRE PAS DE RÉSISTANCE »

Publié par user1 le

Dans une interview recueillie par Eve Moulinier et publiée par le « Dauphiné de samedi, Alain Carignon, Ancien Maire de Grenoble et délégué des Républicains Grenoblois fait sa rentrée en réagissant au débat sur la délinquance à Grenoble.

Q: Vous avez suivi le débat sur la dépénalisation lancé cet été à Grenoble. Qu’en avez-vous pensé ?

AC« En déclarant qu’il n’avait “jamais connu de ville aussi gangrenée par la drogue”, le procureur de la République a dénoncé, avec lucidité et for­ce, la descente aux enfers de Grenoble. Le débat sur la dé­pénalisation est le seul leurre que la municipalité ait trouvé pour fuir ses responsabilités écrasantes. Car ce drame – c’est un drame – résulte pour une grande partie de la politi­ que municipale observée sur un temps long : bétonisation, attributions de logements, as­sistanat, abandon de toute ré­pression et clientélisme élec­toral coupable sont le terreau dans lequel la délinquance prospère au point de prendre le pouvoir.»

 

Le Dauphiné du samedi 26 août

Le Dauphiné du samedi 26 août

 » CE SONT DES MUNICHOIS »

Q: Les oppositions ont-elles tort de rester sur le thème de la dépénalisation ?

AC: « La classe politique locale n’est pas à la hauteur de l’en­jeu par ignorance, faiblesse ou connivence. L’économie souterraine est devenue une des plus importantes de la vil­le, elle fait vivre des milliers et des milliers de Grenoblois et la suppression d’une source de revenus ne l’éteindrait pas. Elle serait immédiatement remplacée. Tout le monde le sait, Éric Piolle le premier. C’est trop tard. De plus, du point de vue de la santé publi­que, la dépénalisation entraînerait sûrement une aggrava­tion par la diffusion massive d’autres psychotropes plus dangereux encore. Il ne s’agit pas d’un marché qui peut dis­ paraître sans une lutte fronta­le. Mais nos élus locaux se rendent avant de l’avoir li­vrée. Sur ce point comme sur tous les autres qui méritent bataille, ce sont des Munichois. »

 » CE NOUVEAU POUVOIR DE LA DÉLINQUANCE NE RENCONTRE PAS DE RÉSISTANCE »

Q: Pour vous aussi, la ville serait gangrenée ? Depuis quand ? Par qui ?

AC: « De la base au sommet, les témoignages sont concor­dants. Du procureur aux pro­pos du directeur d’un organis­me public du quartier Très­ Cloîtres en passant par les habitants de Jouhaux ou du centre­ ville ! Un pouvoir s’est installé dans des quartiers et irrigue la ville avec ses lois, ses armes, sa justice, son argent. À Mistral un été, ce nouveau pouvoir a mis une piscine à la disposition des habitants et a fêté chaque nouveau million d’euros par un feu d’artifice public. Partout, il impose la loi du silence, organise l’assistan­ce des siens avec ses propres moyens. Partout, la force pu­blique est attaquée, les pom­piers, les bus ou les ambulan­ces sont caillassés, un collège flambe… Ce nouveau pouvoir s’installe et progresse et ne trouve pas de résistance. »

 » L’ÉGOÏSME DE NANTIS DE CEUX QUI ONT LES MOYENS D’AGIR EST ÉCOEURANT »

Q:  Vous dites avoir recueilli des témoignages, notamment sur le site propagandiste “Grenoble le changement”. Mais les diffuser sur internet, n’est-ce pas jouer sur les peurs à des fins politiciennes ?

AC : « Des victimes rompent la loi du silence et je pense en parti­culier aux 30 familles locatai­res à Jouhaux qui ont le coura­ge de demander en vain leur relogement d’urgence. L’ab­sence de toute compassion à l’égard de ceux qui vivent un enfer me choque profondé­ment. Cet égoïsme de nantis de la part de ceux qui ont la responsabilité et les moyens d’agir est écœurant. Avec des collectifs, nous proposons un plan d’action précis qui s’atta­que à la délinquance par tous les bouts et la municipalité re­fuse même qu’il soit soumis à pétition ! »

« GRENOBLE AURAIT BESOIN D’UNE VOIX FORTE »

Q: Dites-nous pourquoi vous ne lâchez pas le morceau de la politique grenobloise… Avez-vous des ambitions ?

AC« Quand on a des convictions profondes, on ne s’engage pas pour des mandats, mais pour une vie. Plus que jamais, Gre­noble aurait besoin d’une voix forte. Sur ce dossier de la délinquance, le maire devrait mettre en œuvre nos dixmesu­ res, les faire partager par l’agglomération, rencontrer le prési­dent de la République pour lui demander d’accompagner nos moyens afin que Grenoble ne devienne pas Naples. Sur ce dossier comme sur les autres, derrière la gonflette des mots dont on est sevré depuis vingt ans, les élus locaux ne tirent jamais Grenoble vers le haut. C’est ce qui me heurte et justifie que nous proposions une alternative aux Grenoblois. De plus en plus de citoyens y aspirent et je m’y prépare avec eux. »